Attente…la suite
8 mai, 2010 @ 1:23 Non classé

Je n’ai pas le moindre début de commencement de réponse à mon attente, ou si peu.  J’ai cru comprendre que mon texte n’ était pas passé au comité de lecture du mois d’avril,  il me faut donc attendre la fin mai pour espérer que peut-être,  au prochain comité, mon texte sera débattu à nouveau.  Histoire de patienter,  je vous confie  le récit par ordre chronologique de mes tribulations éditoriales.

Tout commence il y a à peu près un an; je viens de finir « Solo ma non troppo » et l’envoie à 4 éditeurs. Pourquoi 4 ? Parce que je vois ma démarche comme un test, et sais par ouïe dire et par expérience que cela ne sert à rien d’arroser tout Paris avec des dizaines de tapuscrits.  Je mets un rien de malice (et de masochisme) à placer  la barre assez haut:  POL, Gallimard (au sujet duquel certains rares commentateurs de chez Wrath répètent régulièrement que c’est là qu’un primo-romancier a le plus de « chances » d’être lu),  Stock,  Minuit.  Pour Minuit, je sais pertinemment que mes chances sont en dessous de zéro, mais je ne leur ai jamais rien envoyé, une lettre de refus de chez eux manque à ma collection.

Quelques semaines plus tard,  j’ai mes 4 lettres de refus, celle de POL valant son pesant d’humiliation débonnaire:

« Nous vous remercions d’avoir à nouveau pensé à notre maison et de nous avoir confié votre manuscrit.

Malheureusement, cette fois encore, nous ne pouvons pas vous proposer de publication. Sans doute votre démarche est-elle trop éloignée de nos préoccupations, de nos options. 

Avec nos regrets etc….. »

Admirez la concision du « cette fois encore ».  Avec quelle économie de mots monsieur P.O.L me signifie:  « Merci à l’avenir de ne plus m’importuner avec vos écrits miteux. » (Je lui avais envoyé trois ans auparavant un recueil de nouvelles).  Enfin, au moins,  on a la preuve qu’il suivent un minimum leur stock de manuscrits chez POL,  puisqu’ils  se sont  souvenu de mon nom…

Je décide alors d’arrêter les frais, et dépose le premier chapitre de mon texte sur le site d’un éditeur qui a créé une plateforme pour les wannabes. Peu de réactions, mais tout de même quelques lecteurs qui m’encouragent.  Au passage,  merci à Manuel Montero et à  Gaël Brunet qui ont été les plus « positifs »^^Au mois de juillet,  je mets mon texte en lecture sur mon blog;  les réactions ici et sont intéressantes.  Je laisse passer un peu de temps,  puis me décide à améliorer le manuscrit.  Une fois qu’il est modifié,  je ne sais pas à qui l’envoyer, me doutant  que pour les big maisons,  ce n’est pas vraiment la peine de faire des frais:  elles croulent déjà sous les tapuscrits et  la crise économique les rend encore plus frileuses.

Ayant toutefois obtenu par un de ces hasards qui se produisent parfois (ou jamais, la chance sourit à qui elle veut, cette garce) l’adresse e-mail d’un membre du comité de lecture d’une maison  que j’appelle X par discrétion, maison renommée sur la place de Paris,  je  lui transmets sans grande illusion mon texte par mail  (la personne concernée accepte les manuscrits par mail, autre hasard heureux,  cela m’a évité un fastidieux envoi par la Poste);  mon contact m’accuse réception très vite et j’ai la surprise, dix jours plus tard,  de recevoir  un mail m’avertissant que mon texte a déjà été lu et examiné au comité du mois de mars de la maison X.  Hélas, les avis sont très partagés;  certains lecteurs adorent, d’autres trouvent le récit trop plat.  Mais justement,  comme certains ont été enthousiastes,  le manuscrit va être relu et re-débattu….

Depuis j’attends patiemment….Partagée entre la joie que des pros aient pu avoir envie de me lire et de donner un avis très positif sur mon travail, et la crainte que cet espoir de publication ne retombe comme un soufflé dans quelques temps.

Parallèlement à ces tractations,  j’ai eu un échange de mails avec un éditeur que j’appellerai Y car il est très susceptible…Et  n’est pas homme à admettre que parfois,  il ne se comporte pas toujours avec franchise, bonté et respect envers ceux qui n’ont pas le pouvoir que lui confère son petit empire éditorial.  Se danse alors une valse hésitation tout à fait agaçante et énigmatique (pour moi, évidemment, mon interlocuteur sait très bien lui, où il veut en venir): « Oui, je veux lire votre texte…Jusqu’à présent je ne m’étais jamais intéressé à aucun de vos écrits ? Mais cela ne veut rien dire très chère….Oui, je vais le faire lire à Vanessa, et à Sabine…. »    (Je n’aurai jamais le moindre compte rendu de ce qu’ont pensé ses deux demoiselles de mon texte)…  « Ah, vous n’avez toujours pas de réponse de chez X ?… Oui,  je vois;  et vous,  comment voyez-vous les choses ?… »

Et pour finir,  le jour où j’essaie d’obtenir une réponse un poil plus concrète: « Votre manuscrit n’aurait probablement pas sa place dans mon catalogue…Il serait beaucoup mieux chez X… » m’écrit Y.  Pourquoi mon texte ferait l’effet d’une pâquerette dans un vase orné d’orchidées au sein de son catalogue maison?  Eh bien je ne le saurai jamais.  Reste l’impression qu’on a joué de moi avec une légèreté un rien sadique. Est-ce grave: non ? Est-ce fâcheux ? Pour moi, oui…Cela ne fait jamais plaisir d’être « menée en bateau ».

Voilà où j’en suis de mes tribulations éditoriales….Jusqu’au prochain épisode !

 

-Marie Lebrun
rss 10 réponses
  1. Marco
    8 mai, 2010 | 14:41 | #1

    La suite!… La suite! … :)

  2. 24hcolo
    8 mai, 2010 | 17:23 | #2

    La fin !… La fin !… :-)

  3. Yedov
    10 mai, 2010 | 19:37 | #3

    Oui, qui est Y ? et qui est X ? Il me semble, Marie, que vous avez plus de chances chez X, mais je peux me tromper, ne me trouvant pas à votre place. En tous cas et bien sincèrement « MERDE » pour votre manuscrit et qu’enfin, il trouve la voie de l’édition.

  4. mon iPhone m'a tuer
    10 mai, 2010 | 20:10 | #4

    Je me permets de vous importuner avec une question indiscrète : pourquoi voulez-vous être publiée dans une maison d’édition traditionnelle? Pas pour être lue, puisque vous le seriez plus en postant votre texte ici, chez les ELS et chez quatre ou cinq autres sites du même genre (je suis sûr qu’en cumulé, vous dépasseriez rapidement les quelques centaines de lecteurs, soit le grand maximum d’un primo-auteur moyen dans le circuit papier cf Dahlia, NLR et 90% des romans terminant au pilon).

    Donc il doit y avoir autre chose, et cela m’intéresse. Cherchez-vous l’oeil de l’éditeur qui vous fera modifier le manuscrit (en l’état actuel) dans un sens bénéfique (corrections de forme, de fond) ? Espérez-vous secrètement faire fortune avec un best-seller ? Etes-vous émotivement attachée à voir un objet en papier avec votre nom sur la couverture ? Est-ce la renommée des maisons parisiennes qui vous attirent (à défaut d’être beaucoup lue, vous le serez un peu plus par les représentants d’un système de réputation)?

    Pardonnez mon indiscrétion, et ne vous sentez pas obligée de répondre si cela vous gêne.

  5. aymeric
    10 mai, 2010 | 22:42 | #5

    tiens, j’ai reçu la même lettre de refus de POL, il y a quelques années de cela !

  6. 10 mai, 2010 | 23:37 | #6

    @Marco & Serge: la suite viendra, un jour ou l’autre, et je vous dirai tout ou presque…Mais pour l’instant, tel le héros de Buzzati, je ne vois rien à l’horizon;)

    @Yedov: vous imaginez bien que je ne peux décemment pas écrire les identités des éditeurs concernés. Merci pour vos encouragements. Si mon manuscrit n’est pris par aucun éditeur, eh bien j’en écrirai un autre: si mon texte ne fait pas l’unanimité au sein d’un comité de lecture, cela signifiera qu’il y a quelque chose qui cloche ou qu’il n’est pas bankable, et/ou ne correspond pas à ce qu’il recherchent en ce moment, c’est comme cela et je ne me roulerai pas par terre de rage^^

    @Mon Iphone m’a tuer

    J’ai déjà déposé ce texte aux ELS et les réactions n’ont pas été très positives. je me souviens néanmoins qu’un auteur très sympa, GA Quiniou, avait bien aimé…Manuel Montero aussi est fan, mais par contre le staff des ELS n’est pas fan du tout de mes écrits qui ont toujours été ignorés (dans la version alpha, j’avais déjà déposé deux nouvelles et un roman ); on ne peut pas plaire à tout le monde, je m’aperçois à quel point les réactions à la lecture d’un manuscrit peuvent être contrastées.
    Pour répondre à vos questions, je suis attachée au livre papier par culture, parce que j’aimerais pouvoir offrir un ex à ceux que j’aime, parce que j’adore les librairies, les bibliothèques, achète et emprunte pas mal de bouquins, etc…D’autre part c’est difficile de renoncer à ce support qui, avec la légitimité de l’estampille d’un éditeur, est symboliquement très « gratifiant ». Un best seller, non, il faut être fou pour compter là dessus en écrivant; cela n’arrive qu’à la suite de circonstances imprévisibles sur des romans atypiques (les bouquins de Gavalda, celui de Muriel Barbéry par ex qui ont cartonné parce qu’il correspondaient miraculeusement à une demande de l’inconscient collectif), ou alors il faut écrire des trucs hyper populaires comme Musso et Lévy, ce qui est un travail totalement différent, qui est en soi respectable et demande un savoir faire que peu de gens ont. Je sais bien que la plupart des primo romanciers et beaucoup d’autres, sont déjà contents quand ils dépassent 1000 ex, ce qui représente à peine 1000 euros sur un ouvrage (moins les impôts): les écrivains d’aujourd’hui se font publier pour le prestige, sinon, ils sont très naïfs d’espérer le jackpot.
    Cela dit, je suis vos aventures sur la nouvelle plateforme, cela m’intéresse beaucoup. Mais pour l’instant j’attends la réponse de X. Même si j’ai 0,002 % de chances, j’attends tout de même.
    Wait and see…Je vous tiens au courant^^

  7. 10 mai, 2010 | 23:38 | #7

    @Aymeric; cela me rassure;)

  8. mon iPhone m'a tuer
    10 mai, 2010 | 23:52 | #8

    Marie : merci beaucoup pour votre réponse. Et bonne chance!

  9. lux
    13 octobre, 2010 | 20:36 | #9

    Marie, peux-tu m’envoyer ton roman à cette adresse ? J’essaierai de te donner mon humble avis. Clotilde qui publie aux manuscrits beta de Leo Scheer.

  10. 13 octobre, 2010 | 21:57 | #10

    OK, LUX. J’espère qu’il te plaira ou du moins ne t’ennuiera pas, malgré certains défauts soulignés à juste titre, par certains.

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