posts de février 2010


cesars 2010

Pourquoi faut-il que chaque fois je regarde la Cérémonie des Césars du cinéma français, je me dise immanquablement que c’était mieux avant. Quand j’étais gamine, il y avait toujours au moins une actrice sublime en robe Saint-Laurent: Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Romy Schneider; au moins l’une des trois illuminait la soirée. Hier,  il y avait Adjani, mais l’excès d’acide hyaluronique gâte quelque peu ses traits magnifiques…Las ! On ne peut être et avoir été !

Marion Cotillard…L’énigme du paysage audiovisuel français. Il faudra qu’on m’explique comment une fille qui a des poches sous les yeux, les oreilles du Docteur Spock et un sourire niais (voir ici) a pu devenir une star aux USA…Franchement, pourquoi pas Sylvie Testud ou Emmanuelle Devos tant qu’on y est ? Et Vanessa Paradis, elle n’a pas les moyens de se payer un bon coiffeur, elle pourrait pas éviter de venir avec les cheveux gras à la racine ? Non, décidément, le glamour français n’est plus ce qu’il était.

Me manquent aussi les pitreries de Michel Serrault, ou  de Coluche…Parce que Gad Elmaleh, il fait ce qu’il peut, mais bon…Très déçue ai-je été également de voir que Cluzet n’avait pas le César du meilleur acteur. C’est un de nos meilleurs comédiens, mais non, les jurés ont préféré le jeune Tahar Rahim qui a fait un doublé en obtenant aussi le César du meilleur espoir.

Et la tête pétrifiée d’Harrison Ford. Hallucinant.  Le pompon a tout de même été la chanson interprétée par Jeanne Balibar: voix de Castafiore, et grognements de cochon entre les couplets.

Pour effacer ce souvenir télévisuel désastreux, j’ai regardé une fois de plus ce merveilleux clip, rempli de paillettes, de plumes d’autruche, de swing, de rêve, voir ICI.

l’air et la chanson 2: écorchée vive, par diam’s

Le moins qu’on puisse dire est que je n’aime pas le rap, pourtant je suis très sensible à la force d’« Ecorchée vive »,  chanson de Diam’s découverte par hasard sur la toile:

Extraits:

….J’ suis écorchée, bien sûr, comment vivre autrement, quand les rêves ne servent à rien à part mentir aux enfants,

écorchée vive, quand j’ai bâti tant bien que mal une vie meilleure que celle des autres, et qu’on m’a juste dit c’est normal,

écorchée vive, parce que Maman je t’aime à mort, parce que je n’ peux pas supporter qu’un jour on parte dans le remords,

j’ suis écorchée, parce que j’ tai confié un secret, parce que j’ai appris par les autres que la langue était une traître,

écorchée vive, malgré moi, malgré la vie, car on me parle d’avenir quand tu ne me parles que d’archives,

écorchée vive, car on fait semblant de me croire, parce que je voulais faire de ma passion la plus belle de vos histoires

écorchée vive, dans ce grand théâtre en feu, j’affronte les flammes du mieux que j’ peux, écorchée vive, quand les crétins se croient

des rois, quand les adultes ne savent rien faire à part nous montrer du doigt, écorchée vive quand on me force à faire semblant, 

écorchée par tous ces poings, alors que c’est mes mains que je vous tends, écorchée vive d’en vouloir toujours un peu plus, 

de vouloir toujours être celle qui écrit sous l’abribus…

 

 


 

saint-valentin

                                                                                                                        Paris, le 14 février 2010

 

 Françoise,

 

Je te vois lever un sourcil en lisant ce sobre « Françoise ». Je t’ai habituée à tant de surnoms doux comme des loukoums: mon ange, mon amour, objet de mon désir, ma perle, mon aimée, ma préférence…Tu n’as jamais beaucoup aimé ton prénom, et tu l’aimes de moins en moins car il trahit ton âge. Tes parents t’appellent Fanfan, tes plus récents amis t’appellent Fanny. Moi, je préfère choisir au gré de mes humeurs. Et mon humeur est aujourd’hui  coléreuse, nostalgique, mélancolique et dans le même temps, joyeuse et optimiste.

Françoise, c’est la dernière fois que je t’écris. Cette lettre écrite le jour de la Saint-Valentin est une lettre de rupture. On ne peut choisir meilleur jour, pour rompre, que celui de la fête des amoureux: pourquoi en ferait-on exclusivement la fête de ceux qui s’aiment éperdument ?  L’amour a tant de formes y compris celle fatale du désamour; j’ai enfin compris que mon amour pour toi était moribond, autant l’achever aujourd’hui, ainsi nous n’aurons pas de mal à situer dans le temps la fin de notre liaison. Là, je te vois sourire: il y en a tant eu, des ersatz de rupture, des simulacres, des répétitions avant la finale, des coups de fils se terminant rageusement ou froidement, toujours pour cette lancinante demande de ma part, assez pitoyable, j’en conviens, de plus de temps, plus de présence, plus de TOI.

On parle souvent d’élément déclenchant pour les catastrophes, les maladies mentales, les crimes. Dans mon envie irrépressible de ne plus jamais  te revoir, de ne plus te prendre au téléphone, l’élément déclenchant a été ton dernier affront, Françoise, ta dernière incorrection, étonnante chez une femme comme toi, si soucieuse de paraître civilisée, au dessus des ploucs (un de tes mots favoris). Je m’étais souvent aperçu que tu ne m’écoutais pas quand je te confiais mes soucis, mes peines, ces petits et grands chagrins auxquels personne n’échappe. Souviens-toi, il y a trois jours, je t’ai parlé de mon père, de mon inquiétude parce qu’il va subir une IRM pour vérifier qu’il ne souffre pas d’un cancer de la vessie. Tu m’as à peine écouté, tu te rhabillais et tu as dit « Ah oui,  c’est embêtant », d’une voix distraite. Me doutant que tu allais parler vite d’autre chose, comprenant que je t’ennuyais avec ce problème qui ne te concerne pas, j’ai relancé, pour voir: « Cela m’angoisse, mon père n’a jamais été malade, j’aurais du mal à supporter qu’il soit atteint d’une maladie grave ». « On ne devrait pas vieillir, que veux-tu » as-tu lancé négligemment avant de boutonner ton chemisier. « Désolée, il faut vraiment que je me sauve, je suis déjà en retard. » Ce soir là tu te réjouissais d’accompagner une amie qui avait deux places pour une représentation à l’Opéra Garnier.

S’il n’y avait eu que cela; souviens-toi, quand j’ai eu ce lumbago qui m’a cloué au lit pendant dix jours. Tu es passée une fois en coup de vent, et tu as attendu pour me revoir que je sois parfaitement rétabli, et de nouveau performant sexuellement. Et ce cadeau que j’avais pris tant de soin à choisir pour ton anniversaire, ce châle en cachemire bleu, assorti à la couleur de tes yeux, d’une qualité exceptionnelle, qui m’a coûté aussi cher que l’ensemble des cadeaux offerts à ma famille pour Noël. Tu t’es exclamée « C’est adorable », mais j’ai bien vu que tu le regardais à peine. Et une heure plus tard, tu n’as pu te retenir de dire que tu avais reçu un manteau Rykiel dont tu rêvais. Tu m’as prévenu dès le début de notre liaison que tu étais très attachée à ton mari, que tu ne le quitterais jamais, qu’il était impensable que tout ce que vous avez construit soit anéanti fût-ce pour un amoureux auquel  tu dis tenir énormément; soit…. mais est-ce bien venu  de me parler de lui pour un oui ou pour un non, comme s’il était mon ami, comme s’il était entendu que je n’avais pas à être jaloux puisque que vous ne couchez plus ensemble depuis dix ans. Cela fait quatre ans que j’entends parler de cet homme, quatre ans que j’accepte la clandestinité, l’ambiguïté. Pendant longtemps, j’avoue avoir été séduit et même excité par l’idée de vivre un amour caché.  Tu me connais, la vie quotidienne m’ennuie, et je ne suis pas de ceux qui ont un besoin vital d’une compagne à demeure. Mais le charme de ce jeu a fini par s’étioler, non pas que tu me plaises moins (je te trouve toujours belle, drôle, désirable), mais vois-tu, comprendre enfin que tu ne m’aimes pas, a fini par me rebuter; je ne peux plus t’écouter, te toucher, sans avoir l’impression  un peu répugnante d’avoir à commercer avec une créature qui ne me veut pas que du bien, ou du moins, qui ne prend guère de précaution avec mes sentiments.  Tu ne m’aimes pas, Françoise: tu aimes mon visage, mon corps, ma façon de faire l’amour, ma jeunesse,  mon statut social de journaliste « qui a réussi à faire son trou dans l’équipe d’un grand hebdomadaire »; tu aimes mon humour, ma disponibilité, mon mépris pour les histoires d’amour banales et la médiocrité du conformisme. Oui, tu aimes tout cela, probablement passionnément, mais tu ne m’aimes pas MOI. Quatre ans, Françoise, cela fait quatre ans que je n’ai pas passé une journée sans penser à toi au moins deux ou trois fois par heure; même la nuit, je rêve souvent de toi, même au cinéma, je ne peux pas voir un film sans que ma pensée me ramène à toi. Tout ce temps consacré à une femme qui ne m’aime pas, qui n’aime qu’une image, des moments de plaisir, la vanité d’être aimée par un homme qui a vingt ans de moins, quoi de plus chic et de plus excitant n’est-ce pas, qu’un jeune amant, beaucoup plus exaltant qu’un sac Hermès ou un nouveau cabriolet et pourtant, Dieu sait si tu aimes le luxe. 

Je m’arrête là Françoise, nous ne sommes pas au tribunal, et je n’ai pas à t’accabler.  Ce soir, je vais dîner seul mais je serai heureux, car je vais fêter ma liberté retrouvée. Hier, chez des amis, j’ai rencontré une femme qui m’a plu; pourtant je n’ai pas pris son numéro de téléphone.  Si le hasard nous remet en présence, il se passera peut-être quelque chose, mais je ne suis pas pressé. Je veux prendre le temps de regarder les femmes, au café, dans la rue, partout…Toutes ces femmes que je ne voyais plus tant ton image m’obsédait.

Je ne t’oublierai pas Françoise, c’est mon seul cadeau d’Adieu: je ne t’oublierai pas.

 

                                                                                                                  SIMON

 

 

Freaks, film héroïque

Sorti en 1932, réalisé par l’américain Tod Browning, et traduit en France sous le titre « La monstrueuse parade » FREAKS est un des films les plus célèbres de l’histoire du cinéma, même s’il a été beaucoup moins vu que d’autres films mythiques comme « Gone with the wind ».

Devenu culte pour de nombreux cinéphiles, Freaks doit ce statut à l’extrême  originalité de son thème, et au fait que c’est le seul film à avoir choisi pour acteurs de vrais monstres, des gens qui longtemps ont été cachés (dans le secret des familles ou dans des instituts pour handicapés), ou au contraire,  à une époque désormais révolue, « montrés » dans des cirques  à des fins commerciales.

Freaks, film héroïque freaks-triangle_amoureux

FREAKS, conçu à l’origine pour être un film d’horreur, est plutôt un conte moral, même si la fin respecte les codes du film fantastique. La première scène annonce la couleur, où l’on écoute le bonimenteur du cirque Tratellini prévenir les spectateurs, qu’ils vont voir la créature la plus monstrueuse de tous les temps, créature qui a été autrefois une très belle femme. « Les monstres », dit-il « ont leurs codes et leurs lois; offenser l’un des leurs, c’est les offenser tous. »

Suit un long flashback où l’on voit se dérouler l’histoire de Cléopâtre la trapéziste, grande et belle femme blonde prête à tout pour attirer à elle les hommages masculins et l’argent. Récemment arrivée dans le cirque,  elle séduit immédiatement Hans, le lilliputien pourtant déjà fiancé à Frieda, sa « consoeur » lilliputienne. Dans le cirque,  il y a les « normaux » (acrobates et clowns) qui cohabitent avec les « freaks », tous de vrais monstres dans la vie: les soeurs siamoises, les hommes troncs, les femmes sans bras, et les « hommes têtes d’épingles », hallucinantes personnes à tête ovoides, mesurant à peine un mètre trente, et d’un âge mental très bas, ricanant sans arrêt naïvement, sous la houlette d’une gouvernante très maternelle, dont on admire la tendresse et la patience.

Hans va devenir la proie de Cléopâtre qui mène en parallèle une liaison clandestine avec Hercule, « l’homme fort » du cirque, brute épaisse sans intérêt sinon l’attrait sexuel puissant qu’il exerce sur certaines femmes. Après avoir appris que son soupirant avait hérité d’une jolie fortune, la trapéziste accepte la demande en mariage d’Hans, union qui donne lieu à l’une des scènes les plus cruelles du film: le repas de noces durant lequel Cléopâtre, grisée par le champagne,  perd toute retenue, se moque ouvertement de son « petit mari », embrasse fougueusement son amant et finit par insulter tous les monstres après que ceux-ci, avec une certaine perversité, lui aient chanté que désormais « elle était des leurs ». Ce qui choque le plus dans ce film, hormis le fait que certains acteurs sont effrayants physiquement, ce sont les rires cruels et quasi incessants. Le rire est ce qu’il y a de plus humiliant. C’est ce qu’exprime Frieda, le jour où elle ose affronter sa rivale, insistant sur ces rires, sur le fait terrible que beaucoup de membres du cirque passent leur temps à se moquer de Hans.  Le ridicule ne tue pas, mais il fait souffrir atrocement, ses victimes et ceux qui les aiment et voudraient les protéger. On est aussi « dérangé » par le constat que les monstres vivent presque tous « normalement », ont pour certains une vie sexuelle, comme les siamoises qui chacune à leur tour trouvent un mari: on n’ose pas imaginer la vie sexuelle très scabreuse du quatuor.
Le film a une morale, puisque la « méchante » sera punie au delà de ses craintes, les monstres faisant front pour venger l’un des leurs.

FREAKS a un peu vieilli ( presque 80 ans ont passé depuis), l’histoire peut paraître simpliste, et cependant ce film a un pouvoir intact de fascination, surtout quand on le voit pour la première fois. Pourtant des scènes ont été coupées, sans doute afin que l’ensemble soit un peu moins choquant et provocateur. Quand on est totalement bilingue, on peut le visionner gratuitement en version originale grâce à ce LIEN.

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