posts de janvier 2010


D’accord Monsieur je sors ! Par Valy-Christine Oceany

Chose promise, chose dûe; enfin, je livre mes impressions sur « D’accord monsieur je sors » de Valy Christine Oceany. 

D'accord Monsieur je sors ! Par Valy-Christine Oceany 25324442_5449665

Ce roman  relate sept jours de la vie de Violeta, fillette de dix ans vivant dans un pays qu’on devine, bien qu’il ne soit jamais nommé, être la Roumanie, le pays où est née l’auteur. Violeta est une enfant gentille, calme et appliquée, prête à tout pour être aimée des adultes. Pourtant, elle se heurte en permanence à des murs: mur de sévérité excessive des « camarades professeurs », mur de froideur et de violence de son père et de sa belle mère, mur de silence des voisins qui « ne veulent pas voir » la vie terrifiante subie par cette très jeune fille. Valy décrit une succession de scènes où Violeta passe de l’école où, bien que très bonne élève, elle n’est pas aimée des femmes qui sont chargées de son éducation, et où elle n’a pas d’amies, à son domicile où vivent un père autoritaire, froid et parfois même violent, et une belle mère qui n’est pas plus aimante que le père biologique. Certaines séquences sont presque insoutenables, on est plus proche du fait divers de maltraitance que de Poil de Carotte. Pour survivre et ne pas se sentir seule au monde, Violeta s’est inventée une amie, une poupée qu’elle reconstitue chaque jour avec des bouts de tissu (en cachette car même cela, même jouer avec des bouts de tissus ne lui est pas permis); elle a aussi découvert qu’en écrivant de petites fictions sur des pages de cahiers, elle se sent mieux, elle a enfin quelque chose qui lui permet de s’évader. Une injustice de trop va contraindre l’enfant à se révolter, je ne peux pas dévoiler comment,  pour ne pas raconter tout le roman.

Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est la distance placée entre la narratrice et son sujet. Valy Christine évite les bavardages, les complaisances qu’on pourrait attendre dans ce style d’histoire. Les scènes se succèdent, portées par une écriture sobre; la violence est montrée, jamais commentée, comme si cette enfant était là sous nos yeux, et que l’on suivait ce qu’elle endure, tout en ressentant la sidération que provoque la souffrance parfois extrême qui l’atteint. On ne dira jamais assez que les enfants aiment leurs parents inconditionnellement au point de ne rien dire, d’espérer que demain sera meilleur, que demain Papa sera de bonne humeur, et manifestera enfin son amour. A la fin du récit, on ne sait pas vraiment si bien des années plus tard, l’enfant qui est devenue femme a pardonné. C’est là mon seul regret, après cette lecture: on ne sait pas ce qui se passe entre la fin des sept jours relatés dans le roman, et le moment où Violeta est une femme adulte en âge de comprendre et analyser ce qui s’est passé. Peut-être l’auteur a -t-elle en cours un autre récit où elle raconte l’adolescence et la vie d’étudiante de cette si attachante héroïne ?

 Valy-Christine a un grand talent, une écriture où ceux qui comme moi aime le style slave, à travers des auteurs comme Nina Berberova, trouvent beaucoup de plaisir de lecture. Je suivrai avec plaisir son travail d’écrivain. Voici, pour compléter cette critique, un résumé biographique:

Valentina Ciobanu, alias Valy-Christine océany, est née à Lugoj, en Roumanie. Ses parents étant séparés, elle vit son enfance entre Lugoj et Bucarest, la ville de son père. Orléanaise depuis 1991, elle a déjà publié aux éditions Demeter un recueil de nouvelles, Quelque part en Roumanie, et un roman D’un pays l’autre sélectionné par les bibliothécaires de la ville de Paris comme « coup de coeur » dans la catégorie « Premiers romans 2008″.

Mon après-midi avec Manuel Montero

La semaine dernière,  j’étais de passage à Paris, et  j’ai pu faire  cette expérience étonnante de rencontrer un internaute avec lequel j’ai lié une amitié depuis un an. J’imagine que dans ce type de situation, on se demande immanquablement si la réalité ne va pas être décevante, si le personnage qui nous paraît éminemment sympathique ne va pas nous sembler très différent de ce qu’on « imaginait ». Avec MANUEL MONTERO, j’ai eu l’heureuse surprise de découvrir exactement la même personne que celle avec laquelle je dialogue régulièrement. Il m’a gentiment autorisée à faire un portrait avec mon petit appareil numérique:

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Me voilà donc un clair et joyeux après-midi de janvier, marchant dans le XXème arrondissement de Paris jusqu’à l’impasse où Manuel loue son atelier d’artiste. Quand j’arrive, il est dans son jardinet, discutant avec un voisin. On se dit bonjour rapidement,  et il m’invite à m’asseoir sur le canapé blanc. Immédiatement, je souris intérieurement, découvrant l’ambiance savamment foutraque des lieux, une atmosphère à la fois culturelle et intime: plein de livres posés par terre, des clémentines sur un rebord du canapé, des toiles achevées ou en cours de réalisation sur les murs. Pas de TV, pas de radio, ni de PC portable; juste une bouilloire et de quoi faire du thé et du café, un cendrier, des paquets de cigarettes.  Je suis dans la bulle de Manuel, ce fameux atelier où il passe des nuits blanches, peignant, buvant du café, fumant, attrapant un livre au hasard…

Nous parlons de tout et de rien, comme deux amis qui ne se sont pas vus depuis quelque temps. On parle de nos enfants, des blogs où nous nous sommes connus; on casse au passage du sucre sur un ou deux trolls qui nous sont particulièrement antipathiques, on dit du bien de D….. et C….., qu’il a déjà rencontrées. Nous buvons du thé noir, mangeons de la brioche, fumons des cigarettes (j’essaie d’arrêter en ce moment mais comment ne pas avoir envie de fumer avec Manuel qui enchaîne les clopes  avec une gourmande application). Manuel me dit qu’il faut continuer d’écrire,  que je ne dois pas me décourager. Le temps passe,  je prends des photos, et on se dit au revoir.

Photo souvenir:
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Brèves

Je vous l’avoue d’emblée: je n’ai guère de temps à consacrer à ce blog en ce moment, accaparée cette semaine par ma fille qui passe le concours de médecine (une sorte de chemin de croix, il faut le vivre pour comprendre…), et le travail de réécriture de « Solo ma non troppo ». Il se trouve que j’aurais pu être publiée chez un petit éditeur mais que celui ci ne me propose pas un vrai compte d’éditeur; ce n’est pas un margoulin comme Thélès ou Amalthée,  puisqu’il ne publie que 5% des manuscrits qui lui sont soumis et qu’il est diffusé en librairie, mais il ne peut financer entièrement le tirage des 500 premiers ex;  il faudrait que j’achète à peu près 200 ex pour les vendre moi même. Cette solution ne me satisfait pas, même si l’idée de voir mon livre sur papier et distribué dans certaines librairies était très tentante. Bref, du coup, j’ai décidé de retravailler ce texte et de l’envoyer à nouveau à quelques éditeurs, histoire de ne pas avoir de regrets, quand bien même je ne me fais guère d’illusion sur mes « chances » d’être publiée à compte d’éditeur.

En passant, un avis succint sur « Trois femmes puissantes » couronné par le prix Goncourt: Marie Ndiaye y confirme son talent d’écriture, sa capacité exceptionnelle à analyser des caractères avec une finesse quasi proustienne, ainsi que son talent pour créer un univers à la fois très réaliste et onirique (comme dans « Rosie Carpe » et « Mon coeur à l’étroit »). Un bémol: il ne s’agit pas d’un roman mais de trois histoires, avec pour seul point commun un personnage central féminin originaire d’Afrique.  Du coup,  l’ensemble manque de cohérence. Personnellement, j’estime que la deuxième histoire, celle de Fanta et de son mari Rudy, aurait pu faire à elle seule un roman publié tel quel,  sans l’adjonction des deux autres nouvelles plus courtes. Avec Rudy, ancien professeur blanc humilié et déchu (je ne veux pas dire pourquoi, car c’est tout l’intérêt du récit de découvrir progressivement l’histoire de cet homme), Marie Ndiaye dresse un portrait saisissant et bouleversant d’un homme qui vit à la fois une déchéance sociale et la destruction de l’amour de sa vie, cette Fanta,  jeune femme noire,  belle et érudite, cette femme presque idéale qu’il va perdre par sa faute (selon son point de vue), alors qu’il est juste victime de son passé familial. Un très bon Goncourt, donc, pour une fois.

Rock the casbah

Quoi de meilleur et de plus roboratif pour ce début d’année, que d’écouter un des meilleurs titres des CLASH,  illustré par un clip déjanté, le genre de video que plus personne n’oserait réaliser aujourd’hui. Dans cette chanson, les CLASH évoquent sous une forme burlesque et très irrévérencieuse, l’interdiction d’écouter du rock en Iran au temps de l’inénarrable ayatollah Khomeiny. La chanson parle en effet de rock interdit par le « Shareef »,  de son ordre de bombarder les lieux où des rebelles transgressent la loi, et le clip montre un arabe et un juif orthodoxe s’entendre comme larrons en foire, boire de l’alcool et danser, tandis que le groupe de rock chante devant un puits de pétrole, le tout ponctué par  de brèves scènes où l’on voit gambader un tatou;  il fallait oser, les Clash l’ont fait !

Pour voir et écouter ce souvenir grandiose des années 80 cliquer ici:

 Dailymotion – The Clash-Rock the Casbah – une vidéo Musique

Rock the casbah the-clash-10661

 

 

TRES BONNE ANNEE A TOUS !

 

 

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