posts de décembre 2009


trêve des confiseurs

Le mauvais exemple de Marc Séfaris étant contagieux, j’éprouve une envie irrépressible de laisser ce blog en « vacance » jusqu’aux fêtes:

trêve des confiseurs Chatdor_a

 

A bientôt, donc…J’irai prendre régulièrement de vos nouvelles sur les sites habituels;)

« Les enfants du plastique » le premier roman d’un blogueur/auteur sorti en livre de poche

On ne dira jamais assez à quel point Wrath rend parfois service aux romanciers sur lesquels elle rédige ses billets vachards. Il a suffi en effet qu’elle parle du roman « Les enfants du plastique » sorti très récemment dans le livre de poche,  à travers un Post sobrement intitulé « People, Paillettes et Pognon, les trois P de Thomas Clément », pour que j’ai envie d’acheter et de lire le roman en question.

Je suis de temps à autre les posts de Thomas Clément. Avant d’être publié au Diable Vauvert, ce publicitaire-blogueur devenu célèbre sur la toile, a relaté ses tribulations éditoriales, dont il a fait une amusante compilation que vous pouvez lire ici.
Le résumé des « Enfants du plastique » écrit en 4ème de couverture, donne une bonne idée de l’intrigue:

   Tout semble réussir à Franck Matalo,  puissant P-DG d’Unique Musique France.  Alors pourquoi décide-t-il,  à la surprise générale, de lancer Intestin, un groupe de punk-rock déjanté et incontrôlable, véritable pavé dans l’univers culturel aseptisé de l’année 2010 ?

Sans écrire un chef d’oeuvre à portée universelle, pas plus qu’un de ces livres remarquables par un style très personnel ou une écriture recherchée, Thomas Clément a réussi un roman moderne tout à fait bien ficelé. On suit avec amusement les aventures de Franck,  PDG devenu cynique et désabusé (on comprend pourquoi au fil du livre), qui a choisi de saborder l’entreprise pour laquelle il travaille depuis des années. Et quelle meilleure façon de saborder une Major (ressemblant à s’y méprendre à Universal Music) que de produire un groupe composé de types dégénérés, incontrôlables et tout à fait nuls tant dans la composition musicale que dans l’écriture de textes. Contre toute attente,  la machination destinée à mettre en danger l’équilibre financier d’Unique Musique produit l’effet inverse: le groupe a un succès fou, la provocation et la vulgarité de ces quatre zozos pires que les pires punks jamais produits dans l’histoire du rock,  plaisent énormément aux jeunes.

Le récit de cette aventure burlesque est ponctué de passages beaucoup plus graves, où le narrateur s’adresse à Mila, une petite fille qui ne fait plus partie de sa vie. Je ne peux pas en dire plus, sans dévoiler le secret du roman.

On pourrait reprocher à Thomas Clément de surfer sur la vague de 99f de Beigbeder, en dénonçant le système tout en en profitant, mais qui mieux qu’un publicitaire peut connaître et caricaturer l’économie mondialisée, la bêtise, l’absence totale de scrupules et le mercantilisme de ceux qui formatent les goûts du public?

Quoiqu’il en soit, voilà un bon moment de lecture, et cela fait du bien de lire une tragi-comédie rondement menée, tout comme il est agréable parfois,  de voir un film sans prétention intellectuelle démesurée;  je m’étonne au vu du côté actuel et bien observé de son intrigue, que Thomas Clément ait dû pas mal galérer avant de trouver un éditeur. Les voies du monde de l’édition sont décidément impénétrables (ou presque).

Extraits:

« Pendant l’écoute de Désordre, le titre phare de leur « album en préparation », les quatre rockers autoproclamés miment le jeu de leur instrument et Freddy, le chanteur, exécute un superbe play-back en se roulant par terre.

Consternant! Une parodie de rock’n roll, bête et basique. Furieusement mauvais. J’ai eu le nez creux, Mila. Les dégâts vont être énormes. Nous allons produire du gros son alors que le marché n’a même plus de chaîne hi-fi. La musique est faite par et pour les ordinateurs, qu’ils soient portables ou de salon, baladeurs ou TéléPod….

François-Xavier est à 100% dans sa mission. Il me croit enfin. C’est donc du sérieux. Il va produire le groupe en appliquant le strict mode d’emploi qu’il a appris chez nous. Peu importe le produit. Les gens qui vendent du PQ ne sont pas dans la merde pour autant. François-Xavier attaque déjà la pré-prod. Il commence par les paroles selon une méthode bien connue. Lisser, lisser, et encore lisser. Raboter les échardes pour que plus rien ne pique, lubrifier les mots pour que les phrases glissent bien. Un bon produit ne doit pas être original, c’est son marketing qui doit l’être. »…

 Nos invités sont très impressionnés. Le Costes, ils n’ont pas les moyens d’y dormir, mais tous l’ont visité au moins une fois, le temps d’une interview ou d’un café-frisson à quinze euros. Ils connaissent bien les serveurs en noir qui gagnent plus qu’eux et surtout les serveuses mannequins qui les ignorent. Dieu qu’ils aiment se faire maltraiter dans cette ambiance cosy ! Le Costes est la croix de Saint-André des aspirants branchés. On s’y attache et on prend sa claque. La soirée commence donc bien. Au milieu de la chambre, un détail intrigue toutefois: une batterie cinq fûts, un mur d’amplis Marshall et un micro sur pied. Pas très Napoléon III tout ça ! Mais qu’importent les détails, l’essentiel est là, on applaudit à s’en luxer les paumes. Les petits fours de luxe donnent la niaque et le champagne hydrate les bravos.

 Soudain les premiers accords de Désordre se font entendre. Freddy apparaît, suivi de ses compères. Le leader d’Intestin est moulé dans un pantalon en cuir qui accentue sa maigreur. Il est torse nu et porte trois rangées de fer barbelé en bandoulière…. »

 

La suite à découvrir si vous achetez le roman; à conseiller pour offrir en cadeau à des ados, et à ceux de tous âges qui s’intéressent un tant soit peu à l’univers impitoyable du show-biz version 3ème millénaire.

 

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