un premier roman: « adore » par dahlia
25 mai, 2009 @ 4:46 Non classé

 Adore est le premier roman publié par Dahlia, c’est aussi le quatrième ouvrage publié dans la collection m@nuscrits » des éditions Léo Scheer.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore DAHLIA,  je précise qu’elle écrit depuis plusieurs années des critiques culturelles sur son blog « My way or the highway » et signe des critiques sur d’autres supports comme Discordance.

ADORE commence par le récit d’une séquestration: un homme se réveille avec un terrible mal de crâne et s’aperçoit qu’il est attaché à un fauteuil dans son propre appartement; son geôlier ne l’a pas épargné,  car il est littéralement saucissonné par du chatterton et des cordelettes. Cerise sur le gâteau: du chatterton scotche sa bouche, le contraignant à respirer par le nez. Anabel apparaît devant lui, prend tout son temps pour admirer son « travail » et profiter avec jubilation du spectacle de cet homme réduit à une quasi-immobilité et surtout, réduit au silence. Verlaine va être obligé de l’écouter, lui qui depuis deux mois refuse de la prendre au téléphone, refuse de la voir, refuse de s’expliquer d’avoir rompu trivialement par un simple texto après deux mois de liaison. Et le moins que l’on puisse dire est qu’Anabel a vécu comme une humiliation d’être remerciée comme s’il ne s’était rien passé entre eux de suffisamment conséquent pour qu’elle ait droit à un minimum d’égards.

Le roman alterne le récit au présent de la séquestration avec des « rewinds » dans lesquels la narratrice relate sa liaison depuis la rupture jusqu’à la rencontre ( un récit à l’envers comme dans Irréversible;). On comprend qu’Anabel (qu’on devine jeune, un rien naïve, sensuelle, tentée par la soumission sexuelle, passionnée par les livres et le cinéma), n’ait pu qu’être séduite par Verlaine, cet homme qui ne craint pas de dominer les femmes sexuellement et de pratiquer un sadisme modéré tout en n’étant pas une brute épaisse dans le « civil », mais un distingué écrivain qui vit de sa plume.

On pense à de nombreuses références culturelles en lisant ce roman: à « Emmanuelle », d’Emmanuelle Arsan et à Histoire d’O par Dominique Aury, mais aussi au film « Le dernier tango à Paris »,  au « Jardin des supplices » d’Octave Mirbeau et à « Claudine en ménage » de Colette.  J’avoue avoir été surprise par la fin, trop optimiste à mon goût et surtout étonnante vu la personnalité du personnage masculin. Cela m’intéresserait d’avoir le point de vue d’autres lecteurs sur cet épilogue.

Un joli premier roman donc, qui donne envie d’encourager Dahlia à continuer d’écrire. Mais je suis sûre qu’elle a déjà un nouveau titre en chantier;) Wait and see…

Deux extraits:

« Tout échappait à sa maîtrise, le cours du temps, son propre corps, Anabel qui dormait à quelques mètres de lui. Tout juste s’il avait appris à respirer uniquement par le nez. Avant, il n’aurait jamais imaginé que ce fût si épuisant. Il repensa à toutes ces jeunes femmes qu’il avait parfois rendues muettes en les muselant d’un bâillon aux lanières de cuir, une boule de caoutchouc rouge logée dans la bouche. Il repensa à leur respiration aussi ténue qu’un feulement. C’était du jeu. Seulement du jeu. »

 

« Il imagina ce qui se passerait si, dans un moment de folie, elle décidait d’ouvrir la fenêtre et de basculer dans le vide. Sur le bitume, le sang l’auréolerait comme dans un miroir. Ses membres se briseraient, son visage serait à jamais figé dans la terreur. Mais si elle en décidait ainsi, il ne pourrait qu’imaginer sa propre mort puisqu’il resterait solidement amarré à son fauteuil, et sa seule chance de survie serait d’essayer à tout prix de se dégager des liens. Ces fichus liens. Ou il mourrait et pourrirait dans la chaleur intenable de ce mois de juillet, momifié pour l’éternité dans le chatterton et les cordelettes de chanvre ».

 

-Marie Lebrun
rss 2 réponses
  1. DF
    28 juillet, 2010 | 9:55 | #1

    Je l’ai enfin lu, et commenté:

    http://fattorius.over-blog.com/article-ne-dites-pas-que-ce-premier-roman-est-adorable-54557350.html

    Egalement une bonne surprise pour moi – je me réjouis de lire autre chose de Dahlia, si cela vient.

  2. 31 juillet, 2010 | 17:25 | #2

    @DF
    Votre comm apparaît avec retard; il était passé en spam, je ne sais pourquoi; je suis à l’étranger et n’ai pas tjrs du réseau.
    Oui, le premier roman de Dahlia ne manque pas de charme…Attendons son deuxième « bébé » sereinement ^^

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