posts de mai 2009


un écrivain d’autrefois

Au risque de frôler le mauvais goût, de désoler certains de mes habitués, voire même de me ringardiser définitivement, tant pis, je prends le risque, j’écris un post sur Sacha Guitry, un auteur qui sent la naphtaline, un vieux de la vieille, qui lorsque j’étais gamine passait déjà pour un  macho mégalomane, snob et frivole.

Dans une bouquinerie,  j’ai acheté pour la modique somme de six euros, un volume relié et délicieusement illustré par  DA. Steinlen.  Au programme: un essai, « Les femmes et l’amour »,  et  le texte de la pièce « Désiré ».

Je n’ai pas regretté l’investissement: quel esprit et quelle plume ce Sacha Guitry! Celui qui n’était pas « contre les femmes, mais tout contre »,  qui aimait du même amour passionné son travail et les femmes « aimables », écrivait avec légèreté sur des sujets sérieux. L’amour est une chose sérieuse, la place que doit occuper la femme dans la société également. En lisant « Les femmes et l’amour » j’étais presque convaincue de l’inutilité du féminisme. C’est dire l’habileté de cet homme qui parvient à dire beaucoup de mal des femmes tout en les mettant, du moins celles qui méritent d’être aimées, sur un piédestal:

« Si je dis que je n’aime pas les femmes, c’est parce que je les adore, bien entenduTout ce mal que je pense et que je dis des femmes, je ne le pense et ne le dis que des personnes qui me plaisent ou qui m’ont plu. Et on ne peut les aimer à la folie, l’une après l’autre, que si l’on considère que celle que l’on aime est la seule qui soit aimable sur la terre. L’aimée c’est l’élue, et dire à une femme qu’on l’aime, c’est dire à toutes les autres qu’on ne les aime pas. D’ailleurs, quand une femme est élue, toutes les autres devraient prendre le deuil. »

Autre « pensée » de Guitry sur les femmes: celles-ci seraient plus heureuses si elles ne passaient une bonne partie de leur temps à s’occuper de ce que font les autres femmes:

« Si une femme est malheureuse, elles lui font du bien… Mais si une femme est heureuse, elles en disent du mal!  Et, de même que la plupart d’entre elles ne peuvent pas se résigner à leur bonheur, elles ne croient pas au bonheur des autres. Quand on leur dit qu’une femme est heureuse, elles répondent: »Oui, eh bien…Nous en reparlerons dans un an! » Et pendant vingt ans elles le répéteront sans cesse. »
Là franchement, ça me rappelle des choses; une amie divorce et se remet avec un homme qui est plus jeune ou plus vieux, plus riche, ou plus pauvre, peu importe, quel que soit l’homme choisi, le choeur des copines dit dans le dos de la fille qu’on jalouse de vivre une deuxième lune de miel: « Ca ne durera pas! »

Ce que ne supportait pas Guitry, c’est d’envisager l’existence comme un devoir, avec raison et mesure:

« Sois sage! Ce conseil salutaire est ordinairement le premier qu’on nous donne. Combien il est prématuré! On nous le donne sur tous les tons, du ton de la prière à celui de la menace, ce qui tend à le déconsidérer aux yeux mêmes de ceux qui nous proposent la sagesse. Ils y renoncent assez vite et, sitôt que nous avons l’âge de raison, il n’en est plus question, et il n’en est plus question d’ailleurs. Jusqu’à l’âge de dix ans, nos parents nous recommandent d’être sages. De dix à vingt ans, nos professeurs nous invitent à être sérieux, puis viennent nos premières maîtresses qui nous supplient d’être gentils. Enfin, voici nos épouses qui nous demandent d’être bons, et qui vont bientôt nous prier d’être indulgents.

 Et c’est alors qu’ayant bien travaillé, beaucoup souffert et bien aimé, nous nous apercevons qu’il faut avoir vécu cinquante années pour suivre le conseil qu’on nous donnait jadis. Ayant atteint la soixantaine nous nous efforçons en effet d’être sages. »

Guitry aurait pu écrire, comme Paul Valéry,  qu’ il y a trois sortes de femmes: les emmerdantes, les emmerdeuses et les emmerderesses. C’est pas faux, j’en connais quelques unes des « emmerdantes » qui s’étonnent qu’on les laisse tomber. Et qui passent une bonne partie de leur existence à maudire les hommes. Pour ma part, j’ai l’impression d’être tour à tour l’une ou l’autre, selon l’humeur du jour:-D

Mais on peut aussi, pour faire bonne mesure, classer les hommes de la même façon: les emmerdants, les emmerdeurs, et les…Ah, il faudrait trouver un mot pas trop vilain: les emmerdissimes, les emmerdassionnels?

Merci à ceux qui ont lu ce billet jusqu’au bout: « vendre » Sacha Guitry aux lecteurs du 3ème millénaire, c’est pas facile!

un premier roman: « adore » par dahlia

 Adore est le premier roman publié par Dahlia, c’est aussi le quatrième ouvrage publié dans la collection m@nuscrits » des éditions Léo Scheer.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore DAHLIA,  je précise qu’elle écrit depuis plusieurs années des critiques culturelles sur son blog « My way or the highway » et signe des critiques sur d’autres supports comme Discordance.

ADORE commence par le récit d’une séquestration: un homme se réveille avec un terrible mal de crâne et s’aperçoit qu’il est attaché à un fauteuil dans son propre appartement; son geôlier ne l’a pas épargné,  car il est littéralement saucissonné par du chatterton et des cordelettes. Cerise sur le gâteau: du chatterton scotche sa bouche, le contraignant à respirer par le nez. Anabel apparaît devant lui, prend tout son temps pour admirer son « travail » et profiter avec jubilation du spectacle de cet homme réduit à une quasi-immobilité et surtout, réduit au silence. Verlaine va être obligé de l’écouter, lui qui depuis deux mois refuse de la prendre au téléphone, refuse de la voir, refuse de s’expliquer d’avoir rompu trivialement par un simple texto après deux mois de liaison. Et le moins que l’on puisse dire est qu’Anabel a vécu comme une humiliation d’être remerciée comme s’il ne s’était rien passé entre eux de suffisamment conséquent pour qu’elle ait droit à un minimum d’égards.

Le roman alterne le récit au présent de la séquestration avec des « rewinds » dans lesquels la narratrice relate sa liaison depuis la rupture jusqu’à la rencontre ( un récit à l’envers comme dans Irréversible;). On comprend qu’Anabel (qu’on devine jeune, un rien naïve, sensuelle, tentée par la soumission sexuelle, passionnée par les livres et le cinéma), n’ait pu qu’être séduite par Verlaine, cet homme qui ne craint pas de dominer les femmes sexuellement et de pratiquer un sadisme modéré tout en n’étant pas une brute épaisse dans le « civil », mais un distingué écrivain qui vit de sa plume.

On pense à de nombreuses références culturelles en lisant ce roman: à « Emmanuelle », d’Emmanuelle Arsan et à Histoire d’O par Dominique Aury, mais aussi au film « Le dernier tango à Paris »,  au « Jardin des supplices » d’Octave Mirbeau et à « Claudine en ménage » de Colette.  J’avoue avoir été surprise par la fin, trop optimiste à mon goût et surtout étonnante vu la personnalité du personnage masculin. Cela m’intéresserait d’avoir le point de vue d’autres lecteurs sur cet épilogue.

Un joli premier roman donc, qui donne envie d’encourager Dahlia à continuer d’écrire. Mais je suis sûre qu’elle a déjà un nouveau titre en chantier;) Wait and see…

Deux extraits:

« Tout échappait à sa maîtrise, le cours du temps, son propre corps, Anabel qui dormait à quelques mètres de lui. Tout juste s’il avait appris à respirer uniquement par le nez. Avant, il n’aurait jamais imaginé que ce fût si épuisant. Il repensa à toutes ces jeunes femmes qu’il avait parfois rendues muettes en les muselant d’un bâillon aux lanières de cuir, une boule de caoutchouc rouge logée dans la bouche. Il repensa à leur respiration aussi ténue qu’un feulement. C’était du jeu. Seulement du jeu. »

 

« Il imagina ce qui se passerait si, dans un moment de folie, elle décidait d’ouvrir la fenêtre et de basculer dans le vide. Sur le bitume, le sang l’auréolerait comme dans un miroir. Ses membres se briseraient, son visage serait à jamais figé dans la terreur. Mais si elle en décidait ainsi, il ne pourrait qu’imaginer sa propre mort puisqu’il resterait solidement amarré à son fauteuil, et sa seule chance de survie serait d’essayer à tout prix de se dégager des liens. Ces fichus liens. Ou il mourrait et pourrirait dans la chaleur intenable de ce mois de juillet, momifié pour l’éternité dans le chatterton et les cordelettes de chanvre ».

 

le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

Récemment, une copine vient chez moi en me tendant un livre et en disant la fameuse petite phrase: « Il faut absolument que tu lises ça! »

Le livre en question est le « déjà best-seller aux States » Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates,  écrit à 4 mains par Mary Ann Sheffer et sa nièce, Annie Barrows.  Ironie du sort: Mary Ann (née en 1934) est morte en 2008, peu de temps après avoir appris qu’elle était publiée. Même sort que pour Stieg Larsson,  auteur de la trilogie Millenium, qui ne saura jamais que ses bouquins ont un succès hallucinant.

Ayant un autre roman à finir,  j’ai refilé le bébé à l’ »homme de la maison » qui l’a lu très vite et l’a trouvé épatant. Et puis,  je l’ai lu,  ce fameux roman qui va finir en film,  n’en doutons pas, avec Audrey Tautou dans le rôle de l’héroïne.  Je vous épargne le résumé, (il y en a un très bien ici), vous disant juste que c’est un roman épistolaire avec pour toile de fond la guerre et l’après guerre 39/45 , la passion des livres, la solidarité. Quelques histoires d’amour très romanesques agrémentent les récits et donnent la touche sentimentale sans laquelle il est difficile d’accrocher les lecteurs.  J’aimerais pouvoir m ‘extasier comme Anna Gavalda et certains lecteurs internautes, qui jugent le livre « incroyable, délicieux, étonnant, magique… » Moi j’ai juste trouvé ce roman « sympa »; bien ficelé, bien écrit, émouvant à l’occasion, de la belle ouvrage. Mais sans réelle qualité littéraire, à mon goût: un style conventionnel et pas vraiment d’audace dans le récit. C’est intéressant d’un point de vue historique, ça donne le message sympatoche que les livres permettent de mieux supporter les épreuves. Mais après?

Serais-je devenue cynique ou blasée ou trop snob? Récemment, une femme que je n’avais pas revue depuis vingt ans et que j’ai retrouvée par hasard, une femme très branchée, cultivée, d’une intelligence supérieure à la moyenne (vous me direz la moyenne n’est pas grandiose),  me confiait qu’elle détestait Houellebecq (qui est pour moi un des rares qui passera à la postérité parmi les écrivains encore vivants) et ADORAIT « L’élégance du Hérisson », qui me plait déjà davantage que le « cercle littéraire »,  parce qu’il a le mérite d’avoir des personnages hauts en couleur (la petite surdouée suicidaire, la concierge érudite), mais qui n’apporte pas grand chose de nouveau à la littérature française.

En somme, je ne suis pas faite,  ni pour lire des best sellers, ni pour en écrire, et je m’en voudrais presque d’être aussi rabat-joie.

POUR FINIR UN MESSAGE PERSONNEL:

                Joyeux anniversaire, chère Alex!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

 

 

quand Bernard henri lévy philosophait déjà « grave »

Bernard Henri Lévy a fait une entrée fracassante dans le paysage audiovisuel français en 1977. Dans la célèbre émission littéraire  APOSTROPHES,  ce jeune agrégé de philosophie de 29 ans, auteur cette année là de « La  barbarie à visage humain » et André Glucksmann  (« Les maîtres penseurs », « La cuisinière et le mangeur d’hommes »),  sont présentés comme « les nouveaux philosophes ». La qualité philosophique et la pertinence de leurs écrits sera contestée par de nombreux penseurs, mais la formule fait mouche; très vite, les médias s’arrachent ces deux intellectuels très photogéniques.

J’ai trouvé sur Youtube un document assez rigolo: deux journalistes canadiens interviewent en 1980 notre fringant nouveau philosophe. Il est beau (si si!), les cheveux longs juste ce qu’il faut, porte déjà LA fameuse chemise blanche,  et surtout il a la « gravitude » chevillée aux lèvres. Dommage, car son discours est intéressant, voire percutant, notamment quand il parle du rôle des artistes (Musil, Soljénitsyne) dans la dénonciation des risques totalitaires; mais il se la joue tellement comme s’il passait un casting pour intégrer l’Actors Studio, que ça devient un sketch, cette interview.  Un grand moment quand il déclare solennellement qu’il sera le premier écrivain français à changer de nationalité, si la France devient communiste. Il s’est fait peur pour rien, le choupinet, quand on voit notre France sarkozyste du troisième millénaire…Je vous laisse apprécier ces quelques minutes très savoureuses, en cliquant ici: YouTube – Bernard-Henry Levy

deux poupons en or massif

L’actrice Sarah Jessica Parker, connue pour son interprétation de Carrie Bradshaw dans la série américaine SEX AND THE CITY ( série tellement mal filmée avec des personnages si grotesques que je n’ai pas tenu plus de deux épisodes), attend des jumeaux à 44 ans.  Enfin,  elle attend qu’une mère porteuse mette bas des deux bébés issus d’une fécondation in vitro.

L’actrice milliardaire a eu un enfant par les voies naturelles il y a six ans, avec son mari, un dénommé Mattew Broderick. Elle sait donc ce que c’est que d’admirer dans le miroir des seins gonflés et fièrement dressés, sans silicone,  d’enquiquiner son jules avec caprices et envies,  de sentir un bébé bouger,  et,  à moins qu’elle soit restée sous anesthésie pendant deux jours, elle connaît cette étrange sensation d’avoir le corps fourbu comme si on avait couru un marathon. On peut aussi penser qu’elle  a sangloté comme 99 % des accouchées trois jours après la naissance (à moins qu’elle soit sous antidépresseurs à vie).  Bref, j’ai du mal à concevoir qu’une femme qui a vécu une grossesse et une naissance « in vivo » puisse supporter d’utiliser le corps d’une autre femme comme une couveuse. Comment elle fait avec le petit James Wilker qui a sept ans? Elle l’emmène voir « la dame qui porte ses petites soeurs »? Ca ne lui fait pas bizarre à la Sarah Jessica de se coucher le soir avec dans la tête l’idée que pendant plusieurs mois une femme va sentir bouger des enfants qui lui seront enlevés dans les 48h ou peut-être même, dans les 24 h qui suivront leur naissance?

Aux Etats Unis, le phénomène des mères porteuses est en plein essor. Les agences de « casting de ventres à louer » font fortune. Le prix pour un bébé se négocie entre 60 000 et 120 000 dollars.

On souhaite malgré tout beaucoup de bonheur aux « heureux parents ». La mère porteuse aura en tout cas de quoi se payer un bon psy.

« irréversible »

Dans la série, « Je regarde un film parce qu’il a une réputation horrible, et que ça m’énerve d’entendre parler d’un film horrible sans avoir vérifié si moi j’avais le cran de le regarder », après Funny Games, j’ai visionné IRREVERSIBLE réalisé par Gaspard Noé. Vous allez dire: le film est sorti en 2002, pourquoi en parler sur un blog sept ans plus tard. Je répondrai:  c’est mon blog et je parle de ce que je veux:-D

Rappelons à ceux auxquels cela aurait échappé, que ce film est « connu » pour deux scènes jugées « insoutenables » par de nombreux spectateurs.  Il n’est pas étonnant que ce soient ces deux scènes qui aient fait du bruit et apporté un parfum de soufre et de scandale à ce film qui, sans  ces deux passages,  serait passé quasiment inaperçu.  Gaspard Noé a l’art en effet,  d’infliger au spectateur des scènes longues, ennuyeuses, et caricaturales. Pour faire « genre »,  il a décidé de scénariser à l’envers cette histoire d’agression sexuelle et de vengeance. Le film commence donc par l’interminable chasse à l’homme à laquelle se livre « Marcus » qui recherche un dénommé le « Ténia » dans le background d’une boîte sado-maso pour pédés, boîte appelée avec un goût exquis « Le rectum ». Gaspard Noé a dû espérer nous montrer avec audace le cinquième cercle de l’Enfer,  en fait on s’emmerde,  si j’ose dire, à cette très longue représentation d’hommes se donnant plaisir et souffrance dans un décor de grand guignol.  Enfin, Marcus (Vincent Cassel) trouve le « Ténia »: les hommes commencent à se taper sur la gueule, Marcus n’a pas le dessus, jusqu’à ce que son copain Pierre (Albert Dupontel), arrive armé d’un extincteur. C’est là qu’intervient la première scène insoutenable; j’avoue que j’ai fait avance rapide et baissé le son. La scène est bien faite, on a vraiment l’impression de voir un type se faire massacrer.

Deuxième scène choc: le viol. Aucune image pornographique, on ne voit même pas la poitrine d’Alex (Monica Belluci), la jeune femme agressée. On voit juste une femme écrasée à plat ventre sur le bitume d’un passage sous-terrain,  par  le corps impitoyable d’une petite ordure machiste et brutale. La scène est trop longue, et aurait gagné en intensité à ne durer que trois minutes;  le type n’arrête pas de parler, avec agressivité et mépris. On comprend que ce qui l’excite est moins la grande beauté de sa victime,  que le fait qu’elle soit ce qu’il appelle une « bourgeoise »;  habitué à dominer des putes et des travelos (juste avant le viol, on le voit cogner une de ses « protégées »), c’est un plaisir qu’on devine rare pour ce triste individu,  de se « faire » une fille qui ne voudrait pas d’un minable comme lui.  Ce viol montre la lutte des classes par le prisme de la sexualité: une petite frappe méprisée par la société bourgeoise dominante et politiquement correcte se venge l’espace d’un instant de ce mépris en « baisant » ce qu’il y a de plus désirable dans cette caste sociale: la jolie fille distinguée qui ne se donne pas à n’importe qui,  habituée aux compliments et aux hommages, le genre de fille qu’on protège comme une plante rare quand on a la chance de la posséder. La scène est pénible, là aussi j’ai fait avance rapide. Pénible mais pas obscène; difficile de trouver « excitante » la vision d’un petit mec ridicule dans son petit costume de maquereau besogner une femme qui reste étonement belle et digne au cours de son martyr.

Le reste du film n’a aucun intérêt: longues scènes où l’on voit les trois personnages principaux à une soirée, puis dans le métro avant la soirée, puis dans la chambre du jeune couple. Les deux types sont antipathiques:  Marcus, dans le genre beau gosse macho et immature, Pierre, l’ex de la jeune femme, dans le style « intello coincé » qui parle trop. On se demande ce qu’une fille comme elle fait avec des mecs aussi peu intéressants, ça nuit un peu à la crédibilité de l’histoire.

Un film plutôt raté donc, mais qui présente l’intérêt de montrer la bêtise et la violence dans ce qu’elles ont de cru et d’ordinaire. On ne peut pas oublier la silhouette de Monica Belluci dans sa jolie robe rose, l’élégance qu’elle garde au cours de la scène de viol, cette douceur féminine massacrée. Image poignante d’un être humain saccagé par  la violence d’un autre être humain; des scènes comme celles là, ont été vécues « en vrai » par des millions de femmes depuis des lustres, par des hommes aussi et des enfants.

non fan de mylène farmer

Je ne suis pas fan de Mylène Farmer. Mais je l’aime bien, de loin. Cela fait tout de même un peu plus de 20 ans que je la vois apparaître de temps à autres dans des prestations télé (rarissimes) ou dans des clips, sur ces chaînes musicales que mes filles mettent quand elles prennent leur petit déj.  J’avais adoré en 1987  « Sans contrefaçon ». Très bonne chanson; pas du Gainsbourg, ni du Phil Collins, mais ça se laisse écouter ce genre de tube. Et quelle femme courageuse cette Mylène; à 48 ans, elle a toujours la même silhouette, elle danse toujours comme une pro. On imagine tous les croissants dont elle s’est privée, toutes les coupes de champagne qu’elle a refusées, et ces milliers d’heures de sport avec un coach pas fute fute (les coachs ont rarement une conversation intéressante).

Si je vous parle de Mylène Farmer, c’est parce qu’en buvant mon thé ce matin,  j’ai entendu qu’elle chantait en concert au Zénith de Nice les 2 et 3 mai,  et que des fans campaient depuis deux jours devant la salle de spectacle, pour être au premier rang.  Un journaliste expliquait que depuis toujours, la chanteuse a un fan club d’adorateurs dont certains peuvent passer plusieurs jours d’affilée devant son domicile. Parfois, elle apparaît et signe quelques dédicaces et les fans rentrent chez eux éblouis et heureux comme Marie Madeleine découvrant que Jésus est ressuscité. J’imagine leur état dépressif, après, la tristesse de se retrouver seuls comme des cons, dans leur chez eux de français moyen, face à un avenir d’un vide sidéral;  parce qu’il faut bien meubler les journées entre chaque apparition de la divinité. Il faut se lever tous les matins, aller bosser, se taper un copain ou une copine qui n’a rien d’une star, qui ne fait rêver personne, qui ne vous emmènera pas à Los Angeles ou à Tokyo.

Sacrée Mylène, qui joue depuis si longtemps sur le registre de l’adolescente suicidaire: « Je suis d’une sensibilité exceptionnelle, je supporte à peine l’existence, je suis au bord du gouffre, seuls le sexe et la tentation du suicide me donnent l’illusion d’avoir envie de rester en vie ». Si ça se trouve elle adore regarder des séries à la télé, papoter des heures au téléphone et se coucher avec de grosses chaussettes pour lire un bon bouquin sous la couette.

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