manuscrit inachevé, manuscrit interminable
20 avril, 2009 @ 1:43 Non classé

Cela fait des mois que je traîne sur le même manuscrit. Ce n’est pas l’inspiration qui me manque, mais l’envie d’avoir envie de continuer. Au bout du 3ème texte,  après deux « échecs » dans quelques tentatives d’approches  d’éditeurs, je n’ai plus la fibre créative au top.  Pour paraphraser un auteur qui se vend très bien:  « J’aimerais bien qu’un éditeur m’attende quelque part. »

Ne voyez pas dans ces phrases le désespoir de l’artiste incompris ou du wrathisme brut;  non,  juste une certain découragement « aquoiboniste ». Quand on fait du tricot ou de la cuisine, on n’a pas besoin de dizaines voire de centaines de personnes appréciant l’effort fourni. Quand on écrit, allez savoir pourquoi, on a du mal à se contenter d’une poignée de lecteurs. Jamais vraiment compris d’ailleurs pourquoi on finit par y tenir tellement à avoir l’aval d’un vrai éditeur,  et la récompense d’avoir entre les mains un vrai objet livre, au lieu d’un bête tapuscrit relié comme un mémoire d’étudiant,  qu’on fera circuler dans le cercle rapproché des amis, parents et autres proches.

A moins de devenir riche comme Werber et Musso ou d’avoir un revenu appréciable, comme la poignée d’auteurs qui vendent minimum 30 000 ex régulièrement,  ça rapporte peanuts,  l’écriture.  Alors pourquoi y revenir, après chaque passage de découragement,  pourquoi y croire encore un peu? Suis-je donc si névrosée? L’autre jour, un type que je connais à peine (c’est le jules de la meilleure amie d’une copine) est venu me confier l’air grave qu’il avait lu quelques unes de mes nouvelles et les avait trouvé « vachement bien ».  J’étais flattée, évidemment.  Le problème c’ est  que je sentais chez cet homme, très sympathique d’ailleurs, un espoir, un intérêt sincère pour une personne qui « sortirait un peu de l’ordinaire », comme  ceux qui ont germé dans l’esprit de ma chère maman depuis que j’ai eu la riche idée de lui confier ces fameuses  nouvelles: depuis deux ans, elle voit en moi la nouvelle Gavalda. Et je sens qu’elle attend et espère un miracle miraculeux. Oui, je sens bien que certaines personnes me voit comme un cheval de courses côté cinquante contre un qui pourrait bien un jour se retrouver gagnant d’une course prestigieuse. Et je me sens piégée encore davantage que lorsque je ne faisais jamais rien lire à personne, même pas à mon cher et tendre.

Ne vous gaussez-pas trop, mes agneaux: je suis sûre que parmi mes habitués, il y en a plein qui sont exactement comme moi!

-Marie Lebrun
rss 7 réponses
  1. Jo Ann v.
    20 avril, 2009 | 18:30 | #1

    Ou alors la famille qui a déjà fait de la pub auprès de l’entourage… (avec une famille comme la mienne, ça arrive facilement à des centaines de personnes qui attendent)… Aïe…

  2. Marie
    21 avril, 2009 | 7:57 | #2

    « Des centaines de personnes… » Grosse pression sur vos frêles épaules, Jo Ann. Mais ça fait plaisir j’imagine d’avoir tout un fan club;)

  3. 21 avril, 2009 | 18:47 | #3

    « Alors pourquoi y revenir, après chaque passage de découragement, pourquoi y croire encore un peu? »
    parce que on ne peut pas faire autrement !

    Dernière publication sur Valy-Christine Océany : Mes livres avec dédicace

  4. cassiopée
    25 avril, 2009 | 20:47 | #4

    Ah, moi je viens de terminer mon premier après beaucoup d’atermoiements, tous les espoirs sont permis. Ne te mets pas la pression, l’important c’est que tu fais te plaise. Plein de courage!

  5. Nicole
    26 avril, 2009 | 5:30 | #5

    @Cassiopée, vous ici, c’est chouette.
    Ravie pour vous. Pour ma part, je crains que mon manuscrit soit bientôt classé dans la catégorie « inachevés ». Wait and see;)

  6. 24hcolo
    4 mai, 2009 | 21:07 | #6

    Compassion pleine et entière : j’ai entamé un manu il y a quinze ans, je l’ai repris cette année.
    Parfois je me demande s’il faut « forcer » la chose. Certains me disent que oui, car comme au sport, le début fait mal mais le plaisir vient après quelques heures d’entraînement a priori stérile. Et que donc il ne faut pas abandonner. D’autres disent qu’il faut attendre si ça coince, que les événements de la vie se chargent de trouver des solutions, que ça peut se décoincer « tout seul ».
    Là par exemple, je bute depuis 4 jours à un stade de mon 14ème chapitre, et je me dis qu’il faut que je m’y remette alors que je suis crevé, je viens de reprendre le boulot, il me reste 2h le soir quand les gamins sont couchés, aucune idée ne m’est venue dans la journée etc. Au bout desdites heures, j’ai donc pondu 3 pages. Bon. Mieux que prévu. Point positif : tout n’est pas à jeter. Point négatif : ce sera repris intégralement demain de toute façon, car je n’ai pas eu de « déclic », ça me semble laborieux.
    A ce train de sénateur, pas encore arrivé…
    Bon courage à vous !

  7. Deville
    28 octobre, 2009 | 20:34 | #7

    Chère Marie,
    D’abord parce que l’acte d’écrire est au départ une affaire avec soi. C’est intime. Ensuite, germe l’idée que cela peut intéresser des inconnus et avant ces inconnus, un éditeur. Mais personne ne nous attend. Il faut que votre écriture soit « hors du commun » pour tenter d’approcher quelque chose. Cette sorte de grâce qui fait qu’au mot fin, vous êtes lessivé comme un coureurde fond par exemple. Ensuite, le jeu de la demande est une séduction qui ne caresse que l’égo. C’est vrai que cela fait du bien, il faut bien le reconnaître, mais lors que l’écrivain (digne de ce nom) se poste à sa table de travail, au même jour et pendant le même temps (durée), l’Inspiration qu’elle soit là ou pas, l’envie d’écrire, elle est là. Après, rien n’est vraiment mauvais et mettre de côté des pages noircies qui nous semblent mauvaises et les relire quelques temps plus tard (jours, mois, années) permet d’y revenir et de les retravailler. De touts façons, un auteur est mauvais juge de son travail et il lui trouvera toujours un défaut. C’est, au final, le regard de l’autre qui malgré tut juge et fait la différence. Après les éditeurs, les médias, les caresses flatteuses etc ne sont, certes, qu’un baume mais n’est vraiment que cela. Une caresse qui s’envole des que les premières lueurs du JOur apparaissent.
    BIen à vous

Laisser un commentaire

Les voyages du Lion Hupmann |
yadieuquirapplique |
puzzle d'une vie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Partager des mots
| catherinerobert68
| Thoughts...