Comment publier un roman sans se fatiguer
22 février, 2009 @ 11:31 Non classé

Vendredi dernier,  jour des courses d’avant week-end, je commence comme d’habitude mon parcours à travers un hypermarché dont je ne citerai pas l’enseigne (pas de publicité clandestine sur ce blog, j’ai des principesCool), en arrêtant mon caddie au rayon livres. Ca m’intéresse de voir quels sont les auteurs qui sont distribués  en grande surface, ça donne une bonne idée de ce qui « se vend »;  j’ai remarqué d’ailleurs, que l’enseigne en question met les nouveautés sous blister, ce qui fait que l’acheteur ne peut pas feuilleter le livre avant de se décider, on appelle ça le progrès, j’imagine. Immédiatement, mon oeil est attiré par la couverture d’un roman de Yasmina Reza dont le titre m’est inconnu : HOMMES QUI NE SAVENT PAS ETRE AIMES. J’aime bien Yasmina Reza: c’est une femme très intelligente, belle, raffinée et qui, cerise sur le gâteau, a  écrit avec beaucoup de goût et de subtilité des pièces de théâtre ( « Art », « L’homme du hasard », « Conversations après un enterrement » …), et de courts romans qui, bien qu’ayant eu moins de succès que ses pièces jouées dans le monde entier, ont été favorablement accueillis par les « professionnels de la profession ».

La lecture de la quatrième de couverture de ce « nouveau roman » m’a laissée pantoise:

La première édition de ce roman tragique et burlesque fut publiée en février 2003. Il avait pour titre le patronyme du personnage principal, Adam Haberberg, écrivain sans renom et hypocondriaque qui se confronte par hasard à une ancienne camarade de lycée.

Son titre original « Hommes qui ne savent pas être aimés », regretté par l’auteur, préféré par certains éditeurs étrangers, disait sans doute mieux son universalité et sa vérité profonde, c’est pourquoi cette nouvelle édition le reprend aujourd’hui.

On se demande quelles sont les motivations de l’éditeur et de l’auteur qui font du neuf avec du vieux. Est-ce une façon de renflouer les caisses de l’éditeur qui,comme toute entreprise commerciale, souffre de « la crise »? Yasmina Reza, qui n’a rien publié depuis son ouvrage consacré à la campagne de Nicolas Sarkozy pour les présidentielles, « L’aube, le soir ou la nuit », préfère-t-elle se rappeler au bon souvenir de ses lecteurs, pour les faire patienter jusqu’à la sortie d’un vrai nouveau roman?

Tout ça n’est pas bien grave, juste un peu ridicule. Imaginez que Dany Boon nous propose une nouvelle version des « Ch’tis » en le rebaptisant « J’aime les frites »: tout le monde jugerait cette démarche ubuesque. Dans le monde de l’édition, plus feutré, moins médiatisé, la petite manoeuvre passe comme une lettre à la Poste.

-Marie Lebrun
rss 1 réponse
  1. Une page par jour
    23 février, 2009 | 16:49 | #1

    Etonnant! Mais en même temps, ce principe est utilisé depuis belle lurette par les marchands (emploi volontaire de ce terme ici) de musique, avec force remix, best of, disque d’or, etc … après, certains se plaignent de voir leur vente en chute libre!

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